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<i>Tayutahi</i> Sourdre Oscillation du passé enseveli

Tayutahi Sourdre Oscillation du passé enseveli

2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin
<i>Tayutahi</i> Sourdre Oscillation du passé enseveli

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2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin
<i>Tayutahi</i> Sourdre Oscillation du passé enseveli

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2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin
<i>Tayutahi</i> Sourdre Oscillation du passé enseveli

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2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin
<i>Tayutahi</i> Sourdre Oscillation du passé enseveli

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2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin
<i>Tayutahi</i> Sourdre Oscillation du passé enseveli

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2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin
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2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin
<i>Tayutahi</i> Sourdre Oscillation du passé enseveli

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2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin
<i>Tayutahi</i> Sourdre Oscillation du passé enseveli

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2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin
<i>Tayutahi</i> Sourdre Oscillation du passé enseveli

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2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin
<i>Tayutahi</i> Sourdre Oscillation du passé enseveli

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2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin
<i>Tayutahi</i> Sourdre Oscillation du passé enseveli

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2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin
<i>Tayutahi</i> Sourdre Oscillation du passé enseveli

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2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin
<i>Tayutahi</i> Sourdre Oscillation du passé enseveli

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2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin
<i>Tayutahi</i> Sourdre Oscillation du passé enseveli

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2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin
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2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin
<i>Tayutahi</i> Sourdre Oscillation du passé enseveli

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2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin
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2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin
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2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin
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2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin
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2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin
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2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin
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2026, Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, France

© Mari Minato 2026 | Photo : Laurent Ardhuin

Tayutahi Sourdre Oscillation du passé enseveli

Exposition personnelle à Espace d'art contemporain Camille Lambert
invitée par Morgane Prigent

Porcelaines, aquarelles sur papier, pigments et liants acrilyques sur mur et vidéo (2026)
Feuilles d'aluminium et acryliques sur tissu (2019), acrylique sur BFK Rives (2024)
réalisé avec le soutien de Toshiaki Ogasawara Memorial Foundation
J'adresse mes plus vifs remerciements à Monique Olive et Elisa Caron-Laviollette pour leur précieuse aide
et leur aimable autorisation d'usage des archives photographiques des fouilles d'Étiolles dans le cadre de l'exposition

(...)

Pour réaliser cette exposition in situ pour l’espace d’art contemporain Camille Lambert, elle s’est plongée dans l’histoire archéologique locale, et a plus particulièrement mené des recherches approfondies sur le site d’Etiolles, situé en Essonne, un site magdalénien découvert dans les années 1970 et dont les origines remontent à - 13 000 ans avant notre ère. Leroi-Gourhan a d’ailleurs fouillé le site de Pincevent, à proximité de celui d’Etiolles, ce qui n’a pu que conforter l’artiste dans sa quête. Ce site était le lieu de vie de populations nomades, des chasseurs-cueilleurs qui s’installèrent là afin d’y développer leurs techniques, et notamment y tailler des silex. Munie de son carnet d’esquisses préparatoires, lors de séances de travail au Musée de la Préhistoire de Nemours, ou dans les réserves de l’Université de Nanterre , Mari Minato trace des lignes : le contour sibyllin d’un silex, la courbe d’un bois de rennes. Ces dessins préparatoires sont parcellaires, mais se veulent néanmoins les plus précis possible. Les pages s’agencent comme une conversation immémoriale avec le temps. Les croquis caressent le temps enseveli avec délicatesse, et l’on comprend alors, à feuilleter les albums de notes, que nous sommes face à la matrice graphique de la peinture, à une gestuelle attentive qui sera dans un second temps mobilisée lors d’un passage sur le papier, le tissu, la céramique ou les parois d'un lieu. C’est alors que la matérialité de la peinture (en tant que couleur, mais également dans ses propriétés les plus formelles) intervient, en un dialogue conscient avec le lieu, et par-delà l’idée même d’abstraction, ici trop réductrice : la peinture est bien langage, c’est-à-dire à la fois geste et parole.

Ce qui intéresse surtout Mari Minato sur le site d’Etiolles, c’est la vie du fleuve, la Seine, aux origines de l’implantation humaine au Magdalénien. À ce sujet, elle évoque un mot japonais — « tayutahi » — qui pourrait être traduit par « ce qui sourd sous la surface », « l’oscillation mouvante du temps », « le passé enseveli ». Ici, la traduction ouvre grand la porte de la poétique interprétative, mais il y a bien l’idée de ce qui vit encore, de ce qui voyage avec douceur à travers le temps, suivant son rythme avec élégance. Comme l’eau du fleuve qui doucement s’écoule depuis des milliers d’années et dépose ses sédiments, ses limons, pour lentement s’éroder. L’archéologie, en tant que science des vestiges, nous met pourtant paradoxalement en présence du temps lui-même : les milliers d’années nous regardent comme dans un miroir. Le geste de la peinture se joue précisément à cet endroit : « Tayutahi », pour activer la vie enfouie, puiser dans l’énergie silencieuse et la faire remonter à l’air libre, raviver les couleurs, leur redonner un battement de cœur et un rythme. Si un fleuve de peinture flotte dans l’espace de la galerie, c’est pour nous rappeler à notre présence chorégraphique, à la recherche d’une subtile habitation spatiale se jouant du vide et du plein, et à la poursuite d’ondes visuelles et finalement musicales.

(...)

Lea Bismuth Extrait de catalogue de l'exposition
© Mari Minato 2026 - saif | texte : Léa Bismuth | photo : Laurent Ardhuin